Messages déposés
Quelques mots confiés ici, au fil des chemins de vie.
Ces messages ont été déposés dans cet espace comme on confie une lettre au vent, sans certitude de réponse, mais avec sincérité.
Ils ne sont ni des exemples, ni des modèles.
Simplement des mots vrais,
nés d’instants de vie, partagés ici pour ouvrir le chemin.
Certains sont signés,
pour que ceux à qui ils s’adressent puissent se reconnaître.
D’autres resteront anonymes, comme il se doit parfois.
À celui qui dessinait des étoiles
dans les marges des cahiers
On ne s’est peut-être pas compris.On ne s’est peut-être pas retenus.
Mais je me souviens que tu regardais le ciel comme s’il pouvait répondre.
Je ne sais pas où tu es. Je ne sais même pas si tu penses encore à cette époque.
Mais je t’envoie une pensée douce. Pas pour revenir. Juste pour reconnaître que tu as existé dans ma vie.
— M.
Maman,
le jardin est fleuri
ce matin.
Je sais que c’est toi.
On se parle à présent ainsi…
Emilie
Tu es parti trop vite,
sans qu’on ait le temps de finir notre conversation.
Elle continue ici,
dans mon cœur,
chaque jour.
Ch.
Grand-père,
j’ai fait cette tarte aux pommes aujourd’hui.
Comme toi tu me l’avais appris.
J’ai pleuré et souri en même temps.
Valentine
Mon merveilleux ami.
Je ne dis pas au revoir.
Je dis à bientôt.
Quelque part,
d’une façon ou d’une autre.
Jeanne
Paul
Tu ne te souviens probablement pas de moi.
Mais ce que tu as fait ce jour-là
a tout changé.
Merci infiniment !
Celle qui pleurait à chaudes larmes….
Madame L.,
vous étiez mon professeur en CM2.
Vous avez cru en moi
quand moi je n’y croyais plus.
Merci.
Sylvain
À J.
Je ne t’ai jamais dit merci
comme il fallait.
Les mots manquaient.
Ils sont là maintenant,
un peu en retard
mais sincères…
Anonyme
Pour Claire…
ou celle qui a prêté son manteau un soir d’hiver
Tu ne t’en souviens peut-être pas.
Moi si.Il faisait froid.Pas seulement dehors.
Tu n’as pas posé de questions.Tu as juste agi.
Ce geste minusculea eu la taille d’un phare.
Si ce n’est pas toi, c’est peut-être quelqu’un comme toi.
Et si c’est toi…merci encore.
— Une passante
À celle qui m’a dit un jour :
“Tu n’es pas obligée d’accepter ça.”
Tu ne t’en souviens peut-être pas.C’était une phrase parmi d’autres.
Mais elle a ouvert une brèche.
Une brèche par laquelle j’ai commencé à respirer autrement.
Je n’ai jamais pris le temps de te remercier.
Alors je le fais aujourd’hui.
Certaines phrases sont des clés.
La tienne en était une. CH.
Sophie…
tu t’en souviens de nos fous rires
dans cette cour d’école ?
Moi oui.
Chaque fois que j’entends cette chanson.
L.
Thomas,
on avait quinze ans
et on était inséparables.
La vie nous a séparés sans qu’on s’y attende.
J’espère que tu vas bien, quelque part.
C.
Louis
Il y a des gens
qui traversent ta vie
comme une lumière.
Toi tu étais cette lumière là.
Où es-tu maintenant ?
Val
Pierre,
Je ne sais pas pourquoi
je pense à toi
aujourd’hui…
mais j’espère
que tu vas bien.
— L….
A toi Jules,
Merci pour ce jour-là…
tu n’as rien vu,
mais moi je n’ai jamais oublié.
— C…
🌊 À “S.”
… ou à celle qui m’a appris à respirer.
On n’a pas parlé longtemps.
Juste quelques semaines.
Mais avec toi,
j’ai senti
que l’air entrait plus profondément.
Tu ne m’as pas sauvé.
Tu ne m’as rien promis.
Tu as simplement été là,
sans bruit.
Parfois,
ça suffit.
— Une âme reconnaissante
À Thomas.
Je n’ai jamais su si tu avais compris ce que je traversais à l’époque.
Mais le jour où tu m’as dit : “Ça va aller.”
j’y ai cru pendant dix minutes.
Et ces dix minutes m’ont aidée.Je voulais juste te le dire.
— T.
Annie,
Nous avons partagé des années entourées de livres, dans un lieu où le silence avait du sens et où les mots passaient de main en main.
À tes côtés, j’ai découvert une autre manière d’habiter la vie.
La tienne avançait légère, un sac sur l’épaule, ouverte aux routes, aux ailleurs, aux voyages décidés sur un élan.
Tu peignais à quatre mains, recréant des tableaux anciens, comme si l’art pouvait se transmettre autrement que par les cadres et les murs.
Tu me parlais de liberté, je te parlais de mon fils.
Nous nous enviions sans le dire vraiment, chacune regardant le monde depuis son propre rivage.
Nous étions à Neufchâteau, et pourtant déjà ailleurs, chacune à sa façon.
Le temps a fait son œuvre, les chemins se sont séparés sans bruit.
Je ne sais pas où tu es aujourd’hui,ni ce que la vie t’a offert depuis.
Alors j’envoie ces mots comme un ballon.
Sans attente précise.
Juste pour dire :ce que nous avons partagé a compté.
Si ces mots te parviennent un jour, sache qu’ils sont portés par un souvenir doux et par le désir simple de savoir comment tu vas.
— VS
À toi,
Nous avions à peine vingt ans.
Les nuits finissaient tard, souvent chez toi, après les lumières et la musique trop forte.
Je te voyais comme un ami de ces heures-là, un compagnon de rires et de retours au matin.
Tu étais militaire, déjà marqué par la vie, divorcé si jeune, et pourtant toujours doux dans tes mots quand tu parlais de celle que tu appelais ta « bichouchou choupinette ».
Puis un soir, tout a changé.
Deux routes se sont croisées, deux présences se sont jaugées, et moi, au milieu, sans vraiment mesurer ce qui se jouait.
À un feu tricolore, dans la lumière suspendue de la fin de nuit, tu es sorti de ta voiture.
Tu t’es approché côté passager et tu m’as simplement dit :
« Au revoir. Je te souhaite tout le bonheur du monde. »
Puis tu es reparti.
Je n’ai pas compris tout de suite.
Il m’a fallu des années pour saisir la grandeur de ce geste. Tu ne t’es pas imposé. Tu n’as rien réclamé. Tu as laissé la place, comme on ouvre une barrière pour que l’autre avance librement.
Aujourd’hui, je veux te dire merci.
Merci pour cette élégance silencieuse. Merci pour ce respect immense. Merci pour cette façon rare de savoir s’effacer sans jamais disparaître du cœur.
Je n’ai aucun regret.
Seulement de l’affection, et l’espoir sincère que ta vie ait été belle, riche, aimée.
Alors j’envoie ces mots à la mer, comme on laisse partir un souvenir fidèle, en espérant qu’il ait trouvé, lui aussi, son bon chemin…
et peut-être un peu de galop heureux (petit clin d’oeil à ton nom).
— Véronique
